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télé-faune

July 01

vide-grenier

Vide-greniers et sex-shop rue St Denis

Je me balade dans cette rue étroite et longue, vivante et très passante ce soir, pleine d’étrangers en manque de sensations alléchantes, alors que les autochtones vident leur grenier, et que des faunes de passage vident leurs poches et leur sac pour des perles noires attrapant ces derniers par leurs yeux d’amande aguicheurs, et par bien d’autres formes fort avantageuses. Entre deux salles X super modernes et pleines de promesses de rondeurs et de chuchotements de bacchantes, plutôt blanches cette fois d’après les affiches, je plonge dans l’antre plus modeste, et à l’ancienne, d’un sex-shop séparé de la rue par un rideau de velours rouge. Caverne de babas et des quarante voyeurs, je m’extasie devant la richesse et la panoplie de godemichés de toutes formes et couleurs, à faire pâlir les mâles jaloux de la dimension de certains instruments ! Un vendeur plutôt sympathique m’aborde, me demandant si j’ai besoin d’aide, me voyant émerveillé par la grosseur des engins, et surtout mon incertitude, et presqu’inquiétude parfois, sur la façon de les utiliser ! J’en ai à apprendre des choses, c’est sûr ! Finalement mon choix porte sur le vibromasseur double-plaisir pour dame, et j’imagine déjà, non sans picotement, comment je pourrai participer à la fête en mesurant la véracité de l’éloge publicitaire fait à ce multi sexe vibrant, par les cris de ma partenaire. N’est-ce pas un plaisir fascinant et sublime pour un homme, que de voir une femme jouir devant lui et avoir un orgasme avec un membre en érection, même autre que le sien ? ! N’étant pas sûr que la dame accepte ce partage d’intimité, je choisis au passage, pour mon propre plaisir solitaire, une cassette avec un programme concentré de gymnastique à deux, trois ou plusieurs hommes et femmes, pêle-mêle, et un minimum, je le regrette, de scénario. Plus de femmes, à mon avis, devraient devenir réalisatrices de films pornos, pour ajouter du désir, de l’érotisme, du piquant et de la sensualité à ces rapports trop souvent mécaniques, et avilissant la femme. Mais là, le jeune vendeur ne semble pas comprendre ce que je cherche ; cela ne semble pas faire partie des questions les plus souvent posées par la clientèle habituelle. En sortant, non sans jeter un œil coquin et rieur de père vert encore, à tous les objets exposés dans le magasin, je deviens traducteur d’anglais pour un client étranger et le cerbère des lieux  (comme quoi avoir tchatché dans les sites libertins d’internet en anglais avec dico, peut servir)! Non, le monsieur ne semble pas avoir trouvé chaussure à son pied (allez traduire cette expression en anglais dans ce genre de magasin)! Je regrette quant à moi, pour cette première ou ce dépucelage, de ne pas avoir rencontré de femmes dans cette caverne, offrant, à en croire les trésors étalés, tous les plaisirs artificiels de Pan et ses nymphes…

un peu comme...

Un peu comme dans la citation de Char :

‘’L'été chantait sur son roc préféré quand tu m'es apparue, l'été chantait à l'écart de nous qui étions... mer plus encore que la mer dont la longue pelle bleue s'amusait à nos pieds’’

nous nous sommes rencontrés sur cette dune devant l’Atlantique, avec sa force océane et son souffle décoiffant; c’était encore le début de ton été, c’était la toute fin du mien, et une muse nous fredonnait : ‘’aimez-vous les uns les autres, ou bien disparaissez, sans faire de bruit, sans faire de vagues’’. Nous avons suivi son conseil et donc joué avec les vagues de Poséidon, profitant des moments présents sans savoir si nous nous reverrions ou dans combien de temps, rendant jaloux, nous pauvres mortels, ces dieux, Eole et Cronos.

tourbillon

Accoudé au rebord d¹un pont, j¹observais l¹évolution de chevesnes à
l¹affût, gobant des mouches à la surface de l¹eau trois mètres sous moi.
C¹est en levant la tête que j¹eus une merveilleuse projection d¹images,
pendant plusieurs longues minutes, d¹un tourbillon inattendu de trois
papillons blancs dans les airs parfumés et tièdes d¹un soir d¹été. Comment
avaient-ils pu se rencontrer tous les trois en même temps au milieu de cet
immense espace à trois dimensions, et à quelques longueurs du danger
aquatique. Probablement, ce devait être deux mâles attirés par les
phéromones libérées par la femelle, prêts à tout pour satisfaire la belle,
inconscients et oubliant toute règle de survie dans cet instant excitant.
Maintenant je souriais et m¹amusais à contempler ce trio dans leurs ébats
amoureux, s¹envoyant en l¹air dans une charmante danse nuptiale, peut-être
la dernière. Comme j¹aurais voulu être papillon à ce moment là! Trois
minutes dans une vie de papillon, cela doit faire longtemps. Emerveillé par
leur ronde et curieux de voir la suite de leur convolution, je ne les
quittais plus des yeux. Puis, tout d¹un coup, pour je ne sais quelle raison,
ils se sont éloignés les uns des autres en même temps, comme s¹ils s¹étaient
donnés le mot, lassés, ou comme s¹ils s¹étaient fâchés, allant chacun vers
d¹autres aventures, et probablement, encore sonnés par le charme de la
rencontre, terminer leur course dans le bec d¹une hirondelle ravie d¹une si
belle aubaine, ou dans la gueule d¹un poisson n¹ayant pas perdu la scène.
   Un tourbillon comme ça, on en voit de semblables, souvent de feuilles
d¹automne dans une bourrasque, ces dernières semblant ne plus vouloir
reposer sur le sol, et repartant de plus belle. Mais ce qui fait
l¹originalité du  moment, c¹est quand celui-ci dure bien plus longtemps
qu¹on ne l¹aurait imaginé, comme si ces papillons, ces feuilles, avaient une
âme et ne voulaient plus mourir avant une dernière danse.
   J¹ai vu filmé ce laps de temps par un rêveur ou une rêveuse (Agnès
Varda?) qui a su fixer ces secondes éternelles et magiques, qui seraient
passées inaperçues dans le quotidien; mais là, il s¹agissait de papiers gras
se caressant dans le vent, déclamant peut-être les mots écrits sur leur
texture maculée, avant de retrouver le sol ou une poubelle, dans un coin de
rue d¹une grande ville. La gaieté et le romantisme du mouvement, gratuit, de
ces formes flottant dans l¹air, et contrastant avec la pauvreté de
l¹endroit, pendant ce court instant, l¹ont rendu incroyablement vivant et
intense, donnant presque de l¹espoir,... et imprimant à leur tour la mémoire.

TDV

Train De Vie

Je ne me souviens pas bien du début, mais je me suis retrouvé dans un TDV, plutôt vers l’avant, je n’avais rien demandé mais bon, le train en marche, je n’avais plus qu’à suivre les rails comme les autres. Heureusement, j’avais la chance quand-même d’avoir un peu de liberté et de pouvoir me déplacer à l’intérieur des wagons, vers l’arrière plutôt, pour sembler aller moins vite par rapport au dehors. J’ai traversé un temps la première classe, au plus haut de mes études, là je regardais vers l’avant, mais ensuite j’ai préféré aller encore plus en arrière où je me sentais plus à l’aise. A travers les fenêtres, je voyais le paysage et le temps passer, et j’aimais donc les voir défiler du côté du passé. Il y avait de beaux paysages, et j’aurais bien aimé sauter en marche, mais vu l’allure du TDV dans lequel je respirais, je n’aurais pas pu profiter longtemps de ma liberté. Certains l’ont fait mais c’était suicidaire, ils disparaissaient à jamais. Je pense qu’ils agissaient ainsi, surtout pour échapper à l’atmosphère du compartiment devenue trop lourde pour eux, plutôt que pour rêver de l’autre côté de la vitre de leur TDV. Aussi des contrôleurs cherchaient à voir si on pouvait continuer ce rythme, et je n’ai jamais vu personne tirer franchement sur la sonnette d’alarme dans mon voyage. Dehors, sur d’autres rails, on pouvait voir d’autres trains, plus colorés et moins rapides, mais aussi peut-être moins sûrs d’arriver à ‘’bon port’’, et comme il semblait peu facile de sauter d’un train à l’autre, sauf pour quelques héros, on était condamné à nous observer entre voyageurs. Quelquefois, le TDV s’arrêtait, pour faire descendre certains d’entre nous que nous ne reverrions pas, mais aussi pour faire monter d’autres personnes, et de nouvelles rencontres pleines d’espoir se faisaient. Dans le compartiment que j’avais finalement choisi, je m’y sentais bien parmi la plupart des voyageurs, mais je regrettais cependant le manque d’espace, et j’avais envie d’aller moins vite parfois. Je savais à peu près dans quelle gare j’étais monté, mes parents me l’avaient dit, mais personne ne savait où chacun devait descendre, à moins d’abréger sa souffrance en sautant en marche. Mais en général, on devinait, paraît-il un peu avant, la fin de notre propre voyage. Qu’y avait-il après ? Une correspondance peut-être ? En tout cas il semblait impossible de faire marche arrière, il fallait filer tout droit, devant, et personne n’avait vu le conducteur !

chaos

Chaos, hasard, harmonie… ?

Il y a des moments comme çà... un matin je retrouvais le père d'un copain de quand nous étions petits, sur le parking de l'immeuble de mes parents, à Boulogne. Passant souvent en coup de vent quand je vais chez mes parents, j'ai l'habitude de lui faire signe de la main quand je l'aperçois, mais cette fois je pris le temps, il semblait en avoir aussi, en vrai méditerranéen qu'il est, même après de longues années en banlieue parisienne... Je m'enquis donc des nouvelles de mon ex-petit voisin, de 46 ans comme moi maintenant, Lionel, et ensuite de sa grande soeur dont j'étais, je me souviens, plutôt pas mal amoureux, et dont le nom est Carole, unique Carole que j'ai connue dans mon enfance et longtemps après! A ce moment même dans ma poche, sonnait mon portable, je ne l'ai pas entendu sur le moment mais ai compris ensuite que c'était à ce moment même en voyant la date et l'heure du message sur le répondeur: c'était une autre Carole, une amie depuis peu, collègue chercheur en chimie-physique, qui revenait des Etats-Unis, et m'envoyait un petit ''hi!''. Amusant ce hasard non!?

L’après-midi, dans Paris, je me suis longuement arrêté dans un square, pour lire, et pour regarder les passants, touristes et parisiens. Je me suis allongé dans un petit parc autour d'une sculpture, une tête reposant sur une main, en pierre, devant l'église Ste Eustache près des Halles. J'aime bien ce genre de statue ''permise'', où les enfants et même les plus grands peuvent grimper dessus, et jouer avec elle. Je lisais du G. Pérec: ''un homme qui dort'', génial! Comme l'auteur tutoie le lecteur, j'aurais bien cru qu'il me parlait vraiment si je n'avais pas su qu'il était mort à 46 ans, mon âge, il y a 20 ans tout ronds! A côté de moi, deux femmes s'embrassaient sur la bouche et un peu plus loin une italienne pleurait sur son portable... Pour les deux premières, je n'aurais rien pu faire probablement, j'aurais été de trop, alors qu'à côté d'elles, un homme, ''teinté'' comme dirait une vielle voisine pour ne pas dire noir, ce qui fait ''hurler'' ma fille, dormait déjà quand je suis arrivé et y dort peut-être encore, à l'heure qu'il est. Pour la dernière, l'italienne, je me suis dit, un instant, que je pouvais peut-être aller la consoler, en faune que je suis dans mes rêves, puis mon instinct de quadra et plus, ou de pêcheur prudent, me conseilla d'attendre, et plus la jeune femme, blonde et jolie, et jeune, parlait au téléphone, à son chéri je suppose, plus les larmes séchaient, et plus elle l'engueulait. La nature cruelle me rappela qu'elle l'avait peut-être cherché après tout, et je commençais à être du côté de l'amant que je n'entendais pourtant pas, fuyant en homme courageux que nous sommes dans ces cas là. Mais ce moment de vie ne se serait peut-être pas passé ainsi si je n'avais pas existé à ce moment là précis, si je n'avais pas bifurqué auparavant dans la rue Lescot, où j'ai pu enfin voir le café ''Au père tranquille'' qui fait bar des sciences avec débats, une fois par mois. Les autres personnes, pas très loin de moi dans ce jardin, ont suivi aussi cette scène, mais d'un peu plus loin, et puis certaines n'étaient pas seules, d'autres étaient absorbées par leur portable aux sonneries devenant de plus en plus fortes et avertissant tout le monde aux alentours, plus que les cloches de Ste Eustache presque. Remarquez, moi je n'entends jamais mon unique sonnerie à faible volume, sauf quand je sais qu'on va m'appeler, pas mal hein?! Peut-être que je sais même ce qu'on va me dire, d'où l'intérêt limité de cette technologie moderne pour moi. Bon, donc mes voisins ont vécu un autre chaos, avec leurs soucis, ou leurs plaisirs plutôt, il faisait beau, et la plupart d'entre eux étaient semble-t-il en vacances comme moi, et les rares passants revenant du travail semblaient aussi heureux, je les enviais presque. Mais je me dis aussi, une fois le rêve passé de se voir preux chevalier consolant la belle et lui faisant plein d'enfants, pas que dans le dos, je me dis que lui faire un petit geste d'encouragement, lui dire qu'elle est belle, jolie et jeune et que tout va bien s'arranger, ou bien, au contraire que passer mon chemin, comme je l'ai fait donc, comme si elle n'existait pas, en tout cas elle, elle était semble-t-il bien ancrée dans son monde d'amour envolé, ne changerait rien dans la rotation de la Terre finalement, et dans ce second choix, je me revoyais bien héros du roman de Pérec: surtout ne rien faire, ne rien attendre, être silencieux et seul comme dit Kafka, ''le monde viendra s'offrir à toi, il ne peut faire autrement''!

Donc, la question reste toujours en suspens, est-on dans un chaos qui harmonise, plus ou moins, notre vie, et qui joue avec nous avec plein de hasards?

Surtout que, destin moqueur ou hasard rieur, trois jours plus tard, je repassais au même endroit, mais cette fois, à cause d’un événement entre temps qui m’avait touché au coeur, la tête bien moins forte et maligne, et plus du tout libre ni légère, ayant perdu confiance, même, l’esprit bien embrumé, rien n’existait plus, sinon mon propre sourire sarcastique sur moi-même… mais le temps, dans ce cas, joue son rôle réparateur, tout finit par s’évaporer, et on finit par rire de la farce de la vie, et on recommence encore, ne retenant que le meilleur… alors ?

solitude au moulin

Solitude au Moulin

Oui je sais, vous allez me dire que cette solitude mélancolique et bucolique, dans un moulin sur le Loir, loin de la frénésie de la ville, de la vie de tous les jours, est saine, régénératrice, et je reconnais que vous avez raison; elle ressource! Oui, j’ai de la chance de la vivre! Elle rappelle que l’homme, depuis les temps anciens, est pêcheur et chasseur, ignorant pourtant tout du monde qui l’entoure, mais se fondant par atavisme dans la nature, silencieux, l’oreille à l’écoute de tout froissement d’aile, l’oeil aux aguets de tout mouvement de nuages, et l’odorat en alerte à tout parfum,... les sens éveillés au toucher de la terre humide et parfumée, et de l’écorce des arbres! et au goût des fruits rouges et baies acides qui giclent sous la dent et colorent les lèvres de sang!

Comment, en effet, ne pas apprécier dans cette solitude, allongé dans l’herbe verte, l’ombre des peupliers au bord de l’eau, et le chuchotement des feuilles de ces rideaux de verdure? Comment ne pas ressentir pleinement ce silence du bord de la rivière coulant, l’été, au ralenti dans la roue du moulin; ce silence amplifié par le chant des bergeronnettes dans l’aulne, ou par le saut d’un chevesne attrapant un papillon imprudent à la surface plate et dormante de l’étendue d’eau, et qui dessine un inoffensif et éphémère tourbillon comme unique témoignage?

Comment ne pas sourire avec sarcasme aux gloussements effrayés et si drôles de la poule d’eau lorsqu’on approche de son nid sur la berge? Comment ne pas sentir battre son coeur lorsque le poisson encore invisible a mordu à l’appât, et qu’il tend le fil, se débattant par à-coup dans tous les sens?

Comment ne pas adorer ensuite déguster les filets de perches au beurre blanc, accompagnés d’un vin aux arômes enivrantes, là, seul sur la petite table en fer forgé du jardin?...

Cette solitude là, bien sûr, n’a rien à voir avec celle des grandes villes où l’on est tout aussi seul, sans s’en rendre compte, parmi des milliers de personnes toutes affairées à leurs tâches quotidiennes. Oui mais voilà, cette solitude peut se jouer de vous et vous attraper à son tour!

Elle guette chaque petite défaillance du rêveur, qui laisse aller son esprit vagabonder dans le passé, qui revoit sa jeunesse défiler avec ses joies et déceptions, avec ses regrets et remords, qui doute de la vie de tous les jours, ou qui ressasse chaque mot récent, écrit ou dit par une muse qu’il sait inaccessible ou qu’il vient de quitter! Quelle torture lancinante sans issue alors, dirigée par cette fichue solitude qui prend horriblement son temps, quand votre cerveau est attiré par elle comme par une drogue, esclave revenant régulièrement vers celle-ci! Il suffit d’écouter une chanson de Barbara pour vous faire monter les larmes aux yeux, ou de lire les mémoires d’un parent écrites quand il était encore temps!

Alors toutes les émotions précédentes qui vous ressourçaient, sont autant d’épines dont vous ne vous débarrassez pas aussi facilement dans la solitude! Les griffures et les blessures de la vie ne cicatrisent alors que très lentement!

Et vous sentez la nécessité impérative de partager, avec votre famille, compagne, enfants ou parents, avec un ami, les promenades, les parties de pêche et les bons mets et bonnes bouteilles qui suivent, et aussi, ces moments de silence au bord de l’eau. Il vous faut devenir infidèle à cette solitude que vous recherchiez tant, pour éviter qu’elle vous entraîne cette fois dans sa dépression.

A moins que..., à moins d’écrire et de déposer les mots qui vous tenaillent sur une feuille de papier, ainsi exorcisés..., ou encore de trouver sans cesse, même incrédule, un travail « indispensable » à accomplir. Là peut-être, là seulement, sans être dupe, vous redevenez maître de votre solitude, maître de votre esprit, ayant trouvé le juste équilibre, parfois si sensible et si instable.

orteils

Ses petits orteils étaient peints de rouge sombre, et à chacune de ses oreilles brillait une petite pomme d'or...

Avec ces petits coquillages colorés comme laissés sur la plage par des enfants divins aux pieds d’une naïade de sable et de sel, avec ces bijoux de la tentation comme des fruits de mer cachés sous d’épaisses algues brunes dans un creux de rocher, avec ces parures de sirène qui partiront avec la marée montante, avec ces petits riens éphémères accompagnés d’un visage souriant à la vie sous des mèches très noires et un fil d’argent, elle savait qu’elle le rendrait fou de désir pour elle.

Après avoir senti dans le cou le souffle de ce nouvel amant rivalisant avec les caresses du vent, ainsi que frémi à ses baisers sur sa peau dorée, elle lui fit un geste de la main quand il disparut au loin vers l’horizon, comme pour lui dire de revenir à la prochaine marée descendante.

rides

Les petites rides

Il n'y a pas plus touchant au monde que les jolies petites rides à l'encoignure des yeux des femmes mûres !

Bien sûr on adore les rondeurs des femmes, leurs parfums enivrants, leurs boucles de cheveux dans le cou, leur douce peau de pêche, leurs fossettes au bas du dos, leur magnifique mont de Vénus, sexe de velours triangulaire, les plis et replis magiques et mystérieux de leur corps…

Mais ces rides près de leurs yeux noisette, bleu ciel, vert émeraude ou nuit noire, ont quelque chose d'irrésistible. Elles peuvent rendre amoureux en un instant ! Elles sont le reflet de moments admirables, de l'expérience de la vie, sûrement de passions coquines aussi, et de complicité… On y devine une femme qui a osé affronter du regard le soleil, ou encore des vents froids, ou bien les plaisirs et les douleurs de la vie… une femme qui a vécu et vaincu des intempéries tant réelles que virtuelles de son passé… une femme peu dupe, mais prête à se laisser aller encore parfois, à rêver… les rides qui semblent fragiliser cette femme, usures du temps, au contraire la rendent forte, sublime, adorable, admirable… je les aime !

pur brebis

Le pur brebis

Quand je goûte un morceau de pur brebis, quel que soit l’endroit où je suis, je me retrouve instantanément là-haut, dans les Pyrénées, comme enchaîné!

Je vois les pentes herbeuses et rases des pics où s’accrochent quelques rhododendrons et massifs de myrtilles, et ces brebis imitant les isards parfois, au-dessus encore sur des parois rocheuses impossibles ! ‘’Quel est l’architecte de ce cirque ? !’’. Certaines de ces brebis égarées ne veulent plus redescendre, et il faut tout le savoir faire et la patience du pyrénéen et de son compagnon le patou, pour les ramener à coups de sifflets dans le droit sentier! Mais en général bien dociles, elles préfèrent, à la tombée de la nuit, retrouver elles-mêmes les cabanes d’en bas où les bergers les trairont. D’ailleurs au retour d’une randonnée, on hume, bien avant de s’y arrêter, le lait parfumé de ces abris où vivent ces hommes isolés pendant l’été. La nuit est ensuite à ces derniers, et aussi à de rares marcheurs qui ont préféré bivouaquer, dans cette immensité de roches pointant vers le ciel étoilé. On se sent alors tout petit, mais aussi très heureux de respirer la vie à plein poumon, d’en mesurer la richesse, la force et la fragilité, avec un petit mélange d’inquiétude lorsque les bruits nocturnes inconnus s’installent et résonnent tout autour, juste après la fin du spectacle rougeoyant du ciel se reflétant dans les lacs avoisinants.

neti

‘’Neti, neti’’

c’est le nom d’un duo de danseurs italiens, que j’ai pu admirer sur une scène théâtrale, à une portée de parfums, baignés dans une musique étrange, indienne, coupée de silences. Il est beau, elle est belle, mais ils ne se voient pas, ou plutôt il peut la voir quand elle ne le voit pas et vice versa ; c’est un couple, être et ombre, attaché, s’attirant et s’éloignant, et ne faisant que s’effleurer. Ils font pourtant l’amour, mais ils ne font pas tout à fait un, ils ne sont pas tout à fait Abélard et Eloïse, sauf peut-être pendant un instant infinitésimal mais inoubliable, au sommet du bonheur, leurs mondes solitaires parallèles se rejoignant alors dans la ‘’petite mort’’…

J’aime ces moments incertains, où le jour hésite encore, comme se disant ‘’à quoi bon’’, et où la nuit veut rester encore un peu, ‘’non era giorno, non era notte’’. C’est un peu comme lorsque encore endormi, la tête dans les rêves avec le sommeil, on croit entendre murmurer un être cher disparu à jamais, apaisant, ni gai ni triste, son souffle sur la joue, sa main prenant la nôtre. Le mur invisible semble si étroit alors qu’il suffirait peut-être de tendre les bras pour repasser de l’autre côté, sans crainte, sans douleur. Aussi, mon grand-père a fait inscrire sur sa tombe ‘’the rest is silence’’, je n’ai jamais su quel sens il a voulu donner au sujet : le reste ? le repos ? A-t-il vraiment voulu en donner un ? Cette ambiguïté, rend la phrase magique, romantique, forte et laissant libre cours à l’imagination ; ‘’ni ceci ni cela’’…

Puis la vie reprend le dessus sur la scène ; mais elle, son amant parti, elle cherche du regard un appui impossible, et on ne peut rien pour elle. Elle est seule, elle a mille ans comme chantait Brel. La cicatrice ne se refermera pas, on le sait déjà. Parce que ce regard, on le connaît, c’est celui de notre image de l’autre côté du miroir, de notre solitude. Seul le temps fera illusion peut-être… Comme Villon, je dis : ‘’frères humains qui après nous vivrez, n’ayez contre nous vos cœurs endurcis…’’, à ceux à qui on donne la vie, un aller ou un retour vers la mort, sans leur avis. Mais à quel moment au fait, la mère et l’enfant ne font plus un ? Une fois libres, certains d’entre nous préfèrent abréger leur propre voyage, pourtant si incroyable ! Quel gâchis alors !

Voilà ce que j’ai ressenti en voyant le mouvement de ces corps, et je vous assure que les acteurs, sublimes, ne jouaient pas, ils se sont donnés pour nous, il suffisait de voir leurs yeux à la fin du spectacle ! Et j’ai frissonné !

les grues

Les grues

Non ! non ! pas ces grues là, carcasses métalliques, il ne s'agit pas de ces grues; pas celles-là non plus, faunes amateurs de caresses buccales et manuelles comme disait Gainsbourg d'Emmanuelle... mais bien de celles-ci, planeuses, aux cris pas très envoûtants, mais si attrayantes car moqueuses...

je les attends chaque année, une fois dans un sens, une fois dans l'autre, prêt à lever les yeux au ciel, aux premiers sons de trompette... j'ai cru les entendre ce midi, le temps chaud et ensoleillé s'y prêtait bien pour une remontée vers le Nord, mais il est encore trop tôt, l'hiver est loin d'être terminé bien que les primevères n'aient même pas caché leurs couleur cette année, et que les crocus pointent déjà le bout de leur nez dans le jardin...

j'aime ne pas rater ce moment éphémère, car il correspond aux envies de voyages, de liberté presque possible si on osait, qu'on a aussi quand on se promène le long d'un quai dans un port de bateaux au long cours et aux noms qui font rêver... oui, le vol en V de ces oiseaux majestueux, juste au-dessus de la maison, pourquoi passent-ils par là? les Pyrénées sont encore hautes sur ce méridien! rend mon âme encore plus rêveuse devant ce clin d'oeil de la vie, alors que je ne connais même pas leur destination et ce qu'ils endurent.

voilà un petit moment d'évasion à partir d'une simple onde sonore mal interprétée et qui a réveillé quelques molécules grises d'un cerveau probablement embué... avant de retourner sur un rapport, pas du tout sexuel, d'Unité Mixte de Recherche, mais finalement assez bandant et jouissif quand les perspectives sont bien ligotées! ... autre voyage plein de promesses futures :-)

il neige

   Il neige sous le cerisier en fleurs

   Allongé dans l'herbe, le cheveu hirsute dans les pissenlits,
ces riantes taches dorées en pagaille dans le jardin et que je ne mangerai pas encore
par la racine ce printemps-ci je l'espère, j'écoute le bourdonnement de fond des abeilles
venant de ruches environnantes qui butinent les fleurs du cerisier: elles n'ont pas oublié! et il était temps que le climat se radoucisse, car ces flocons blancs s'envolent maintenant au moindre coup de vent comme les secondes qui s'égrainent. Un petit homme dans un jardin voisin, debout les mains dans les poches, regarde émerveillé, le nez en l'air, ce joyeux mime moqueur de l'hiver. Il devrait donc y avoir un temps des cerises avant l'été, et plein de vie encore!
   Je pense alors à ces nymphes qui s'envolent au moindre bel amant éolien,
et j'aime les savoir ainsi libres et sauvages, car elles reviennent encore plus belles,
si on sait aussi attendre...

horloge

L’horloge de mon grand-père

Elle est là, devant moi, dans ma vie, elle me nargue, elle n’en fait qu’à sa tête, elle sonne quand elle veut ou n’importe quoi, et surtout quand il y a un événement important aux nouvelles ou quand je veux écouter tranquillement une musique harmonieuse… je dois patienter, attendre la fin de ces coups autoritaires, et essayer de rattraper le fil du quotidien : ‘’l’heure c’est l’heure !’’ semble-t-elle dire, comme si elle croyait que je la garde pour çà ! Sa petite aiguille tombe parfois aussi droit vers le six, quelle que soit l’heure, et il faut que je l’aide à la remettre au bon endroit, une petite défaillance ah ! ah ! on fait moins la maligne !… pour me récompenser, elle cadence les pas de la Mort qui marche vers moi, tic tac, tic tac…

On se connaît bien, déjà tout petit chez mon grand-père, elle a voulu me faire passer de l’autre côté, écourter mon temps sur Terre, en voulant m’embrasser, en tombant sur moi ; heureusement que l’escalier, juste en face d’elle, m’a donné un abri, un espace triangulaire de protection pour le petit homme haut comme trois pommes que j’étais alors… faut dire, il est vrai, que je l’avais cherchée en tirant sur ses poids, comme j’ai dû tirer sur les nattes des quilles à la vanille pendant les récrés, dans les cours d’école !…

Maintenant, quand elle m’embête, je l’arrête, ou plutôt je ne la remonte pas, na ! Hé oui ! elle a quand-même besoin de moi si elle veut vivre… bien sûr elle disparaîtra de ce bas-monde longtemps après moi, mais il lui faudra amadouer ma descendance, peut-être moins patiente, pour la faire parler, ah !

Elle me manque en fait, quand je n’entends pas son pendule mal réglé frotter contre le bois du coffre, quand sa période légèrement asymétrique ne me chuchote plus à l’oreille. On dirait parfois que quelqu’un marche la nuit au-dessus de mon lit, peut-être l’âme de mon grand-père… Là, il est vrai que je lui suis très reconnaissant de me faire ainsi passer ces messages de l’au-delà… et cette inutilité à vouloir compter le temps qui passe, devient essentielle…

chuchotement

... la maison est maintenant silencieuse de musiques de mes enfants, et je lézarde encore un peu sur la terrasse du garage au soleil, avant la frénésie de la semaine et des mois plus gris à venir...

j'écoute l'activité des maisons voisines, et les cris joyeux d'enfants insouciants dans les jardins d'à côté, je me berce avec la chanson de la brise encore tiède dans les feuilles des bouleaux qui commencent à jaunir...

écoulement du temps, de liberté indéfinissable dans mes veines, que je laisse filer, avec plein de folies en tête, et de muses chuchotant à mon oreille des messages que je n'arrive pas à déchiffrer...

où est le réel? où est le virtuel?

et ces mots qui me viennent au fur et à mesure, m'emmenant au hasard des souvenirs et des branchements électriques de millions de neurones... il y a tant de choses à voir, à faire, tant de paysages à découvrir et de visages à rencontrer, ou à retrouver avec des rides supplémentaires...

l'ensemble de ces connexions en interaction avec mes sens et l'environnement, fait que je ne fais rien, fait que je suis ce que je suis, là, actuellement, rêveur sans raison précise... tout semble pourtant logique et rien ne l'est, mais je sais que je vais reprendre bientôt le cours normal de la vie, après cette pause, après cette récréation solitaire...

ça se bouscule maintenant dans ma cervelle de faune, et j'entends encore le chuchotement des nymphes dans les feuilles des bouleaux jaunissants... ce chuchotement... chut...

bondaccord

… Bon d’accord, on a raté la bifurcation pour aller dans le monde quantique parallèle où nous aurions fait l’amour. Ce sont des choses qui arrivent ! Peut-être parce que tu as reçu inconsciemment un message du futur, par une descendance quelconque t’envoyant des particules sans masse comme avertissement, et que tu as préféré les suivre instinctivement pour nous emmener dans le monde actuel où nous vivons. Mais sommes-nous vraiment dans un monde meilleur que l’autre pour autant? J’en doute ! Notre petite aventure ou rencontre de rien du tout pour l’Univers qui se fiche bien de nous, n’allait pas engendrer un chaos, bénéfique ou non, me semble-t-il. Donc, si j’avais une machine à remonter le temps, pour les particules massiques j’entends cette fois, je te proposerais bien de retourner à cette bifurcation, pour voir ce qui se passe ensuite… C’est cependant un voeu bien improbable dans le monde de la physique que nous connaissons de nos jours… Peut-être y a-t-il alors des passerelles entre ces deux mondes, ou plutôt entre ces milliers de mondes qui se séparent à chaque seconde selon les différentes configurations, expériences, choix et décisions possibles? Mais du coup, si on découvrait ces passages, ces trous de souris évanescents peut-être, on ne retrouverait pas l’instant crucial de ‘’notre’’ bifurcation, cet instant fascinant à mon goût en tout cas ! De plus, attention, une fois dans l’autre monde, qui dit qu’on garderait la mémoire de l’ancien ? Le prix à payer en quelque sorte, un risque ! A moins justement que ce soit nos rêves d’amour, ou encore mieux leur propre réalisation dans notre monde, qui nous amènent à l’autre ainsi… Et là bien sûr, tu me verrais ravi si tu acceptais de faire le saut au moins une fois avec moi! D’ailleurs, peut-être que nous avons déjà effectué cette sorte de voyages ensemble, et que nous avons tout oublié ?! Malgré tout, qu’en penses-tu ? Quand tentons-nous, ou retentons-nous, cette magnifique et terrible expérience ?

balade

Balade

Il y a au sud du col d’Aran, que l’on peut atteindre par Marie-Blanque, un plateau merveilleux de gouffres et de collines dominé par quelques pics aux noms chantants du Béarn : Ourlène, Montagnou, Mailh Massibé,…; ce désert d’altitude offre une vue imprenable par temps clair sur les monts alentours, sur la chaîne des Pyrénées mystérieuse et majestueuse à l’horizon, et sur les vallées d’Ossau et d’Aspe clairsemées de petits villages accrochés à l’adret ou l’ubac aux pentes herbeuses, et sur Pau et Tarbes embrumées bien plus loin et d’où l’on vient.

Parfois le brouillard s’installe aussi là-haut, et l’on se sent bien, seul, isolé du reste du monde; mais si cet endroit devient alors néant, sans chemins définis, ce n’est pas le vide: les cloches des brebis accentuant la solitude du marcheur imprudent, sonnent tout autour, rappelant que la vie grouille partout. On peut même surprendre avec un peu de chance, le déploiement silencieux des ailes d’un fantôme qui s’envole d’un entonnoir de névé, piège mortel dans lequel une carcasse d’ovin gît encore.

La vie d’un faune ressemble à cet endroit magique où les cimes sont les muses dont il peut parfois atteindre le cœur, avec lesquelles il peut découvrir encore la passion, mais qu’il ne sait garder longtemps, et les vallées, sa vie tracée du quotidien qui lui apporte la sérénité. L’étable de Roland, puisque c’est ainsi qu’est appelé ce lieu magique, féerique, sans origine précise, correspond à une étape, peut-être éphémère, de sa vie, le bonheur probablement, celle où un devoir semble accompli après l’effort, dans ce monde inutile, gratuit, fait de quanta d’énergie et d’où la matière et l’antimatière peuvent surgir à chaque instant, de manière chaotique semble-t-il. Pour se guider cependant dans cette vie souvent cruelle et amère, ce demi-dieu protecteur des bergers et troupeaux, ami de Dionysos et de ses bacchantes, ce rêveur des nymphes Séléné, Echo et Syrinx, ce taciturne, tel un marin des hauteurs, s’accroche et se repère grâce à quelques amers; et quand il sort de son repaire, toutes les folies et l’ivresse de la vie lui sont permises, cherchant à séduire et à entraîner dans ses balades, les fleurs aux mille couleurs et senteurs irrésistibles sur son chemin, et avant de retrouver un repos éternel.

June 25

éclipse annulaire 3/10/5

Deux en un!

Lors de l'éclipse annulaire du 03/10/05, on a pu observer deux phénomènes de physique extra-ordinaires.

D'abord le phénomène d'astrophysique de l'éclipse annulaire lui-même, qu'on pouvait voir en Espagne sur une trajectoire

particulière (voir: http://perso.wanadoo.fr/pgj/eclipse/an031005.htm). Il fallait ce cas exceptionnel, dans l'Univers, de

configuration géométrique et de distances Terre-Lune-Soleil, pour que de la Terre, le diamètre apparent de la Lune soit très

voisin de celui du Soleil (voir explications sur les éclipses sur le site suivant: http://davisto.free.fr/francais/tpelune/partie3.html#c).

D'autre part, on pouvait voir à l'oeil nu, un phénomène d'optique intéressant: des images d'anneaux de l'éclipse annulaire,

projetés sur le sol grâce aux interstices faits par les feuilles d'arbres, laissant passer ainsi des rayons du soleil comme à travers

l'objectif d'un appareil photo (voir photos)!

Pas beau, ça, surtout lorsque les feuilles sont agitées par une brise d'automne, et que les anneaux semblent danser à nos pieds!?

Joli cadeau de la Nature, non, lorsque Séléné joue avec le chariot de feu d'Apollon, et semant ainsi à son passage

de nombreux anneaux d'or!

(photos prises par Rémi sur tel portable)

poèmes

le temps des cerises...
 
 
Cerises
 
Cerises rosissant,
Le merle impatient,
Sur la cime attend
Tout en persiflant;
 
Clafoutis volant,
L'oiseau gourmant
Ne siffle plus autant
Sous l'arbre rougissant,
 
Ainsi échappant
Au félin patient
Prêt à mettre sous dent
Ce dessert fondant.
 
 
 
Ma Marthe
 
A Montmartre mimant le pic d'Ossau,
Ma Marthe pique et fait la moue au sot;
Chevelure noire épaisse et tirée,
Grandissant un front pur dégagé,
En dessous, comme un affront, des cils
Longs, pointant vers une joue rose et docile,
Nez retroussé, décolleté coquin
Laissant juste voir la naissance des seins,
Contribuent à faire perdre son sang froid
A l'égipan qui n'a plus de foi.
 
 
 
A ma muse amazone
Nymphe des pins chevauchant ton fidèle compagnon,
Tu guides celui-ci dans les chemins de traverse,
Lâchant parfois les rennes, cherchant les sensations,
Retrouvant la cadence par d’érotiques pressions.
Ne formant plus qu’une seule et longue crinière au vent,
A l’apogée du plaisir, lui encore fougueux,
Toi beaucoup moins sage, vous formez un couple d’amants,
Fonçant dans les fougères et les buissons ardents.
 
 

22 Avril 2002

 

V’là les flics, vingt-deux !

Découvre-toi, tu peux,

De deux fils, Avril !

Vingt-Dieux ! Deux mille deux,

Deux zéros entr’deux !

Dans la rue : nombreux,

Jeunes et peu frileux.

L’heure est aux lutteurs

Car Front dangereux,

‘’Joyeux A…’’, adieu !

En Mai, République,

Plus d’erreur critique !

L’abstention, ô honte ,

Deviendrait cynique !

Deuxième tour : unique !

 

 

Cantique pour la chimie,

ou principe de l’incertitude

 

Oh chipie Uranie!

L’orateur a mis l’ton

Avec belle énergie

En dévoilant ton onde.

Perdant notion de temps,

Niant sa position,

Il suivit cependant

D’abord son impulsion.

A force d’itérations,

Son calcul convergea :

La verge dans ton con,

Ô muse, tu acceptas!

 

 

 

Martin-Piqueur ou Marteau-Pêcheur

 

Trait de couleur bleu-vert,

Filant comme l'éclair,

Petit et solitaire,

C'est un pêcheur hors-pair

Quand il plonge puis fend l'air.

Sur la roue du moulin,

Immobile, orange-brun,

Et armé d'un bec fin,

Patient, il guette l'alvin

Dont il fera festin.

 

 

Sirène

 

Ferrée comme un poisson,

J'ai cru prendre une sirène,

Mais dans un tourbillon,

C'est bien elle qui m'entraîne;

Fasciné par l'exquise,

Je ne peux lacher prise,

Au risque de me noyer,

Dans cette belle destinée.

 

 

Je n'ai pas osé

 

Je l'aurais couverte de mille baisers,

Si j'avais pu franchir son palier;

Je n'ai pas osé la réveiller,

Bien que sa porte fut à peine fermée.

 

 

Les bourses

 

Les bourses vidées,

le cerveau n'est plus éveillé,

Et la richesse des rimes s'est alors envolée;

Inutile de regarder le préservatif,

Seule l'abstinence vous rendra imaginatif.

 

 

      L’entropie

  Dans le vieux quartier du Hédas sympathique,
  De la ville béarnaise de notre bon roi Henry,
  Il y a un original bar-librairie
  Où règne un très joyeux chaos harmonique.

  On est attiré par ce trou noir éclairé,
  Quand on passe par la rue Bernadotte si tranquille;
  On déambule alors entre zinc et livres en pile,
  Baigné dans une musique douce, rock, pop’ et branchée.

  Madiran, Jurançon et divins compagnons,
  Dans la chaleur du bois apparent de ce lieu magique,
  Rendent la lecture scientifique bien plus poétique,
  Et donnent à l’inconnu l’amour des équations.

  Mais on y va aussi pour débattre entre amis,
  Professionnels ou amateurs de thèmes quantiques,
  Pilotés par Eric, génial et fantastique,
  Et par Virginie, moderne muse Uranie.

 

 

Erratum / Rérat'homme

 

Deux mille un

Me dit l’un

Tu fus vain

Fût de vin

Deux mille deux

Me dit l’Dieu

Tu es pieux

Et au pieu

Deux mille trois

Me dit l’droit

T’écriras

Et crieras

 

 

Farandole

 

Farandole

Et envol,

A Pigalle, 

Dans un bal :

Femme à poil

Sous un voile,

Sex-appeal

Sur un fil ;

Noctambule

Mate son cul, 

Roule une pelle

A la belle,

Perd la boule,

Prend sa moule

 

 

Rêveuse de Val

 

C’est un trou dans la brume clairsemée de chardons

Balayés follement par les vents d’océan.

Dans un creux de la dune, où poussent les ajoncs,

C’est un petit balcon caché sous des hauts-vents.

 

Une jolie sirène, à l’épaisse chevelure,

Au sourire généreux, et au regard espiègle,

Y allonge sa queue, nue sous une couverture,

Profitant du soleil, à cette heure, encore faible.

 

Respirant les parfums de la proche pinède,

Mêlés à celui des innombrables immortelles,

Elle frissonne de plaisir et reprend des couleurs.

 

Ce bain de terre lui est cependant éphémère,

Elle doit bientôt retourner dans son monde, la mer,

En rêvant à son prochain moment de bonheur.

 

 

Voyeur de Bonheur (débonnaire)

 

Armateur mateur,

aux armes, amateur,

de l'aimée Maïté,

aimait l'appâter

au mât d'un amant

avec agrément;

A la belle matrice,

de bitte amatrice,

facteur déterminant

de résultat bandant,

le matelot épique

dit: ''matez ma trique!''

 

d'un piètre Pan

 

May 06

mon cerisier

Cerisier têtu

Hé bien voilà ! Je l’aurais parié, il n’y aura pas de cerises ce printemps!

Je te l’avais pourtant bien fait remarquer qu’il était encore trop tôt cette année pour te parer de tes innombrables fleurs blanches immaculées alors que le froid et l’humidité n’avaient pas voulu suivre l’hiver! Du coup, les abeilles ne sont pas sorties des ruches à temps, et n’ont donc pas transporté le pollen d’amour dont avait besoin ta parure! Tu n’en fais donc qu’à ta tête et te moques bien de la nature qui t’entoure, en ne respectant que ton calendrier, au jour près! Tu te fiches bien maintenant du merle qui siffle son mécontentement, ne sachant pas d’ailleurs la différence avec son air moqueur! Je ne crois pas à ton manque d’expérience, et devine bien une farce de ta part, à moins que, pire encore, tu sois indifférent à notre attente enjouée et respectueuse pour les fruits de plaisir que tu nous offres normalement à cette époque! Les rires des amis et de leurs enfants seront moins intenses cette fois, alors que nous attendions tous ce moment avec impatience! J’ose encore espérer qu’une raison cachée et inévitable qui t’ait fait vivre jusqu’ici en soit la cause réelle! Ou bien alors, tout est nonsense!

 
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